Pourquoi il y a un tel écart au moment d?arriver en classe préparatoire ?

Le niveau de maths sup et de la prépa HEC très élevé

Incontestablement, le niveau et les attentes diffèrent entre la terminale et la classe préparatoire. Il ne suffit pas d’être un bon élève en terminale voire le meilleur de votre classe pour échapper à ce fossé. En effet, les classes prépa pour beaucoup sont composées des meilleurs élèves de lycée. En considérant ce nouveau panel d’élèves on peut facilement s’imaginer à quel point le niveau s’intensifie, sans compter le fait que les programmes sont très exigeants et que le niveau de chacun va décoller. Une des problématiques qui subsiste au fur et mesure des années est que le niveau de la prépa que ce soit la prépa commerciale ou la prépa scientifique est resté le même alors que le niveau exigé des élèves de terminale n’a cessé de baisser. Il est devenu très facile d’obtenir le bac et très peu d’élèves se préparent réellement au niveau d’abstraction et au rythme de la classe préparatoire. L’écart est si important que certains élèves sont obligé de prendre un stage en stage en maths sup pour se faire aider en maths, physique ou encore en français pour surmonter les difficultés.


Pourquoi il y a un tel écart au moment d’arriver en classe préparatoire ?

Le temps consacré au travail est significativement plus important

En prépa, après une journée de cours classique ( 8h-17h), s’en suivent les heures de colles (interrogations orales), puis le travail personnel. Il faut consacrer du temps aux révisions des colles, des devoirs sur table, préparer les TD et le devoir maison de la semaine…Il est également courant que les élèves profitent de la pause déjeuner pour avancer dans leurs révisions. Certains élèves prennent des cours particuliers, ce qui fait qu’un professeur particulier leur fait gagner du temps. Cet emploi du temps bien chargé (56h de travail en moyenne par semaine) ne laisse que très peu de temps pour les activités extrascolaires, contrairement au lycée. En terminale S, en terminale ES (qui deviendra Terminale tout court à partir de 2021) nul besoin de tant d’efforts pour réussir un contrôle ou avoir une bonne note. C’est toute la différence entre la préparation des concours d’écoles de commerce et d’ingénieurs et la préparation d’un examen comme le baccalauréat.

Une cadence de travail qui s’intensifie considérablement

Aux très longues plages horaires de travail, s’ajoute un rythme soutenu en classe prépa. Beaucoup d’informations sont à assimiler et à maîtriser rapidement pour pouvoir répondre aux exigences du concours. Le programme de terminale et notamment celui de maths est loin de préparer aux exigences et au niveau d’abstraction du programme de maths des prépa HEC et maths sup et spé. Pour un élève qui n’est pas du tout préparé, la marche est clairement difficile à franchir. L’encadrement en classe préparatoire est différent de celui du lycée. Les professeurs seront toujours à votre écoute et prêts à vous aider, néanmoins vous serez en complète autonomie. Votre capacité à vous adapter et votre résistance face à l’effort seront évalués. Ainsi, il est important d’être à jour dans chaque matière quitte à prendre des cours particuliers en maths sup ou dans toute autre matière qui vous pose problème. En effet, le rythme de travail est tel que certains élèves préfèrent quitter la prépa à la fin de la première année ou avant.

Pourquoi ce fossé persiste avec les années ?

La prépa : de nouvelles attentes

En prépa, pour atteindre le niveau requis il faut adopter dès le début de l’année, des méthodes qui permettront de répondre aux attentes des concours. La connaissance du cours et des démonstrations est prépondérante et le travail spécifique sur des problèmes et non simplement sur des exercices devient alors important. Les professeurs vous pousseront à aiguiser votre esprit d’analyse et de recherche. Bien que les réformes du gouvernement visent à rendre les programmes du lycée plus en adéquation avec les exigences de l’enseignement supérieur, le secondaire prépare les élèves avant tout à tous types de formations, et pas seulement à l’excellence des classe préparatoires.

Les élèves n’arrivent pas avec le même niveau

Si l’ensemble des lycées ne préparent pas suffisamment leurs élèves à l’intégration des CPGE, d’autres le font. En effet, de grands lycées comme les lycées Louis Le Grand, Henri IV ou encore Stanislas familiarisent leurs élèves aux méthodes d’apprentissage de la classe prépa dès la classe de première/terminale. Aussi, il est important de dire que nous n’arrivons pas tous avec le même bagage de connaissances suffisamment développé pour suivre en classe préparatoire. Que ce soit en culture générale ou en langue, tous les acquis des années précédentes sont capitaux pour atteindre un bon niveau. Ainsi, comment cet écart de niveau peut-il diminuer alors que certains continuent une préparation anticipée? Et comment réduire cet écart si le niveau scolaire du lycée reste inchangé ?

La réforme du bac 2021 prévoit que chaque élève puisse choisir ses options et spécialisations en classe de première et de terminale. Mais sur quels critères vont être fait les recrutements en classe prépa ? Faudra-t-il avoir obligatoirement choisi l’option “mathématiques expertes” pour avoir le niveau requis ? S’il est vrai que cette préparation en amont permettra aux élèves d’être moins déboussolés lors de la première année de prépa, malheureusement cela renforcera les inégalités territoriales et sociales car rien ne garantit que ces options pourront être dispensées dans tous les établissements. Ainsi, il est important pour un élève de se préparer au mieux, notamment dans les matières à très gros coefficient comment les maths avec des stages intensifs MPSI ou PCSI

Le programme des CPGE est également touché par cette réforme. Ainsi, Jean Michel Blanquer, Ministre de l’Éducation Nationale, envisage de mettre en place “des modules de remédiation”. Ces modules ont pour objectif de combler les lacunes des élèves qui intègrent une prépa. Néanmoins, le problème subsiste car cette remise à niveau viendrait en partie remplacer au premier semestre les heures de colle, examens oraux individuels, qui permettait jusqu’alors aux préparationnaires de progresser et/ou rattraper leur retard. In fine, les tentatives pour remédier à cet écart n’ont pour l’instant pas porté leurs fruits et pourraient même mettre en péril les points forts de la classe prépa.

Témoignage

Laura, ancienne ancienne élève en prépa HEC ECE en banlieue parisienne nous raconte : “J’ai vécu ce fossé entre la terminale et la classe prépa lorsque j’ai intégrée une classe prépa en banlieue parisienne. Selon moi, le problème majeur réside dans l’idée fausse que l’on se fait de notre niveau. Toute ma scolarité, j’ai été habituée à faire partie des premiers de classe et à être considérée par mes professeurs comme une excellente élève. Ainsi, j’étais persuadée de mon niveau une fois en classe préparatoire sans comprendre que le niveau dépendait de l’échelle de mesure : en prépa, on est jugée différemment, avec des attentes bien supérieures. Moi qui suis bilingue en espagnol, je me suis retrouvée à avoir 4 un contrôle car les fautes d’orthographe et d’accent étaient lourdement sanctionnées. Et j’ai mis plusieurs mois avant d’être rigoureuse et exigeante avec moi-même, y compris dans ma langue maternelle. Ainsi, outre le niveau au lycée qui devrait être plus élevé, je pense qu’on devrait davantage pousser les élèves qui le demandent et qui aimeraient poursuivre leurs études dans ce genre de cursus.”